Les jeux de combat sont-ils si difficiles ?

Les jeux de combat sont-ils si difficiles ?

Les jeux de combat ont une mauvaise réputation. Pour de nombreux gameurs, ce sont des jeux trop difficiles à prendre en main et dans lesquels on peine à évoluer ? Simple préjugé ou réalité confirmée ?

Les idées reçues qui circulent autour des jeux de combat, il y en a treize à la douzaine. Entre préjugés, suppositions erronées et craintes infondées, la vraie difficulté consiste souvent à montrer les jeux de combat sous leur vrai jour.

Non merci, trop dur pour moi

Jouez-vous aux jeux de combat ? Êtes-vous juste un joueur occasionnel ou un véritable passionné ? Avez-vous un jour envisagé de mener la pratique au niveau professionnel ou êtes-vous plus spectateur dans l’âme ? Quel que soit le profil, vous avez certainement déjà essayé de convaincre d’autres personnes de tenter l’expérience.

Si c’est le cas, il y a fort à parier que vous ayez déjà eu droit à la litanie des prétextes et excuses préformatées. Pour les uns, les jeux de baston sont trop difficiles. Pour d’autres, ce sont les combos qui sont trop durs à réaliser. D’autres encore invoquent leur crainte de perdre ou plus précisément de « se faire massacrer ».

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Le challenge insurmontable

Ces excuses, on en a l’habitude. Et même si on n’est pas nécessairement du même avis, on y prête quand même une certaine crédibilité. Après tout, qui est mieux placé pour comprendre la complexité des jeux de combat que quelqu’un qui s’y investit réellement.

Lorsqu’on prend toutefois le temps d’y réfléchir, toutes ces excuses traduisent la même idée. En termes simples : « puisque je n’ai pas l’impression que je deviendrai systématiquement excellent, je préfère ne pas m’essayer à ce jeu ». C’est quand on décortique ces excuses qu’on se rend compte qu’elles sont un simple aveu d’abandon.

La construction d’une « idée reçue »

Les jeux de combat sont loin d’être simples. Même des titres dont les commandes ont été sciemment simplifiées et dont le gameplay se résume à deux actions peuvent cacher un degré de complexité surprenant (Fantasy Strike). Ce n’est toutefois pas cette « difficulté » qui décourage les néophytes. En général, le nœud du problème se situe ailleurs.

Imaginons ensemble un scénario (qui s’est peut-être déjà produit pour la plupart des joueurs).

Etape 1 : Vous découvrez un jeu de combat qui suscite votre intérêt. Peut-être que ce sont les personnages, les animations, les gestes impressionnants ou la bande-son qui vous captive.

Etape 2 : Vous avez peut-être la chance d’avoir le jeu chez vous. Ou c’est dans une salle de jeu que vous faites vos premiers pas. Vous développez quelques compétences et vous êtes relativement satisfait de votre niveau.

Etape 3 : Lorsque vous testez enfin le mode compétitif, vous avez le malheur de tomber sur un joueur plus expérimenté dont la seule mission sur terre est de vous faire regretter l’intérêt que vous avez porté au jeu. Quelques défaites humiliantes plus tard, votre opinion est construite, ce jeu n’est décidément pas pour vous.

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Tu es 1000 ans trop jeune petit

Cette expérience qu’on appellera « le traumatisme », elle est fondamentale. C’est un tournant pour de nombreux joueurs. Chez certains, ce traumatisme éveillera l’esprit compétitif (ou la « haine » comme on aime bien l’appeler par ici). Pour d’autres, elle éteindra définitivement toutes velléités de devenir « bon » à ce jeu.

De fait, l’idée se forme selon laquelle les jeux de combat sont difficiles. Soit on est bon, soit on ne l’est pas.

Certes, il y a des personnes qui ont des raisons valides (ou plus ou moins valides) de ne pas souhaiter tenter l’expérience. On ne s’attend aucunement à ce qu’un genre vidéoludique soit universellement adopté par tous. Toujours est-il que pour de nombreuses personnes, les excuses qu’elles avancent ne se fondent que sur une perception erronée des jeux de combat.

Le péché fondamental des jeux de baston

Ce traumatisme est une forme de bizutage. Les joueurs les plus expérimentés (et les moins mâtures), se vengent ainsi sur les nouveaux-venus, des souffrances que les prédécesseurs leur ont fait connaître. #ThoughLove

Ce n’est toutefois pas une façon saine de développer une communauté. Même dans les régions où le jeu est extrêmement populaire, ces attitudes contribuent à tuer l’engouement dont il pourrait bénéficier.

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Le bizutage dans toute sa splendeur

L’autre élément qui contribue à la réputation de « jeux durs » est la courbe d’apprentissage. Tous les autres genres vidéoludiques ou presque ont un mode tutoriel ou une campagne qui guide le joueur et l’accompagne dans ses premières minutes de jeu.

Qu’il s’agisse des FPS qui ont le niveau tutoriel (stand de tir) ; qu’il s’agisse des jeux d’aventure qui présentent toutes les commandes et introduisent des mini-tutoriels au fur et à mesure que de nouvelles actions sont débloquées ; ou qu’il s’agisse même des jeux de course qui conditionnent la progression à la victoire sur un circuit initial.

Tous ces jeux sont développés de sorte à ménager le joueur pendant le processus de transition. Personne ne dit que les FPS, les jeux de course à haut niveau ou les jeux de sport sont plus simples que les jeux de combat. Mais, ces jeux ont le mérite d’accompagner le joueur.

Les jeux de baston par contre, après un mince tutoriel (lorsqu’il est présent) vous êtes livré à vous même. Avec ça, 1 Guard-Break, 2 Hellsweep, 3 Crush Counter et 4 Mix-Up plus tard, il n’est pas rare d’avoir le sentiment d’être pris dans une arnaque monumentale. Des jeux comme TEKKEN et Street Fighter sont tristement célèbres à cet égard.

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Mais… mais… mais… Hein ?!

Fort heureusement, il y a des jeux comme SkullGirls qui ont un tutoriel très précis et richement documenté ; et qui deviennent lentement la norme du genre depuis quelques années.

La difficulté, où se situe-t-elle vraiment ?

Le problème des jeux de baston, c’est qu’il y a trop à savoir dès le départ. Le jeu n’est généralement pas conçu de sorte à présenter des challenges progressivement plus complexes au fil de votre progression.

Certes, en jouant les modes ARCADE, il y a des échelles de difficulté. Mais l’arsenal de coups, d’attaques et d’options défensives n’est pas plus limité lors du premier match, que lors du BOSS de fin. Et lorsque vous faites face à un autre joueur, il n’y a aucun moyen de vous assurer qu’il ira « doucement » avec vous.

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On est « presque » tous passés par là

Et c’est cet état de fait qui pousse les joueurs débutants à se convaincre qu’il faut d’abord maîtriser des combos avancés pour avoir une chance de gagner. Un joueur qui a une bonne compréhension de la logique qui sous-tend un jeu de combat, l’emportera toujours face à un joueur qui maîtrise uniquement les combos les plus dévastateurs.

Pourtant, les combos sont le premier élément que les débutants cherchent à maîtriser dans les jeux de combat. On connaît tous des joueurs qui sont capables de réaliser des combos impressionnants, mais qui ne les réaliseront jamais qu’en mode entraînement. Mais ce point, nous reviendrons dessus dans un autre article.

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Quand on n’a pas les bases…

Les jeux de combat : pas difficiles, complexes plutôt

Dans de telles circonstances, on est tentés de tirer la conclusion que les jeux de combat sont bel et bien difficiles. La nuance consiste plutôt à dire qu’ils sont complexes, plutôt que difficiles.

Le coaching

Une solution pour progresser est de se faire accompagner par un vétéran. Quelqu’un qui a déjà atteint un certain niveau de compréhension des mécaniques du jeu et qui peut orienter le néophyte. Il est là tout l’intérêt de pouvoir rejoindre une communauté et d’éviter les faux-pas et les pertes de temps colossales qui peuvent survenir lorsqu’on joue « seul ». Et éventuellement, participer à des tournois et mesurer son évolution.

Une vérité fondamentale des jeux de combat que beaucoup de personnes ignorent, c’est que triompher de l’adversaire ne revient pas à être victorieux. Il est tout à fait possible de remporter un tournoi et d’être complètement insatisfait de sa performance. Tout comme on peut avoir été vaincu et être fier de soi. L’adversaire, c’est soi-même. Progresser, c’est gagner.

On apprend dans la douleur

L’autre solution consiste à apprendre dans la « douleur ». Jouer le jeu et perdre, encore et encore et encore. Il faut se défaire de l’illusion selon laquelle la défaite est humiliante. C’est un processus d’apprentissage comme un autre. Et les joueurs devront s’habituer au message « YOU LOSE » avant de décrocher leur première victoire.

Les jeux de combat ne sont pas difficiles. Certes, il y a parfois des mécaniques très complexes qu’il faut décortiquer pour atteindre un niveau de maîtrise professionnelle. Mais, il n’est pas nécessaire d’être du niveau d’un joueur Pro pour y prendre du plaisir. L’essentiel est de comprendre que les défaites font autant partie du parcours que les victoires. Et que dans chaque jeu de combat, il suffit de comprendre les logiques, le pourquoi du comment, pour s’élancer sur la route des victoires futures.

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Progresser, c’est gagner.

4 réflexions sur « Les jeux de combat sont-ils si difficiles ? »

  1. J’ai adoré l’ article ’cause I can relate et que c’était instructif pour moi et certainement le sera pour des nouveaux joueurs qui voudront faire partir de la FGC. Et ça vaut aussi pour tout les types de jeux.

    1. Merci beaucoup !
      Effectivement, ça vaut pour tous les jeux.
      Lorsque quelqu’un prétend que c’est trop « dur », ce n’est presque jamais fondé.
      Si l’intérêt pour le jeu peut être maintenu, il y a moyen d’aider tous types de joueurs pour qu’ils s’améliorent.

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